Trois autoroutes contournent le Grenelle de l'environnement!
Dans son discours, le président de la République a placé les investissements dédiés aux infrastructures dans le droit fil du Grenelle de l'environnement et de la "croissance verte". Force est de constater qu'avec ces annonces, il s'agit au contraire d'un choix inverse à celui du Grenelle. Le document final adopté par tous les collèges avait acté un engagement de décroissance des capacités routières au profit du rail et des voies d'eau. Lors de la restitution des conclusions du Grenelle, en octobre 2007, le chef de l'Etat avait d'ailleurs souligné que la priorité n'irait plus au rattrapage routier mais à celui des autres modes de transport.
Les autoroutes concernées sont l'A 63, entre Salles et Saint-Geours-de-Maremne (Landes) pour relier Bordeaux et la frontière espagnole, l'A150 entre Ecalles-Alix et Barantin (Rouen-Le Havre) et l'A355 (contournement ouest de Strasbourg). Les offres pour les concessions seront déposées "sans tarder" et représentent environ 800 millions d'euros de travaux. Par ailleurs 200 millions d'euros supplémentaires vont être débloqués pour le réseau routier national.
Pour Jean-François Roverato, PDG d'Eiffage, le troisième groupe français de BTP derrière Bouygues et Vinci, c'est une «très bonne nouvelle. Cela lève les interrogations sur ces trois projets qui étaient d'actualité depuis des années mais avaient été mis en “stand-by” depuis le Grenelle de l'environnement».
Pour les organisations environnementales qui ont participé au Grenelle de l'environnement, c'est au contraire un signal contradictoire avec les engagements. «Ce qui nous paraît inquiétant, c'est qu'au moment ou il y a une décision stratégique de relancer l'économie, on donne la priorité à des modes de transports qui sont parmi les plus polluants » a ainsi déclaré France Nature Environnement.